Découvrons ensemble un document de notre fonds Périn : Comparaison des anciens poids et mesures du Soissonnais, à ceux de la République française. Par Grandin, arpenteur-géomètre, à Soissons, rue Antoine.

 

Les amateurs de documents anciens ont parfois eu l’occasion de rencontrer les termes “pieds”, “toises”, “pichets”, “arpents”, “grains”, “muids”, …. Se représenter ces volumes et dimensions ne nous est pas chose facile, cela ne l’était pas non plus sous l’Ancien Régime car de nombreuses particularités locales existaient ou variaient d’un régime à l’autre.  La France a ainsi compté à cette période jusqu’à 700 unités de poids et mesures. 

 

De Vailly à Pierrefonds, en passant par le comté de Soissons, les longueurs, superficies, poids de solides ou liquides ne se mesurent donc pas de la même manière. L’arpenteur-géomètre Grandin, à la fin du 18e siècle, nous explique les correspondances entre ces unités locales et les nouvelles mesures de référence apparues après la Révolution française : le mètre, l’are, le litre et le gramme.

 

Il y a 80 ans commençait la « Drôle de guerre ». En septembre 1939, la Seconde Guerre mondiale est déclarée mais l’offensive allemande n’a pas encore atteint les frontières françaises. Depuis l’avènement d’Hitler au poste de chancelier en mars 1933, la France est consciente de la potentialité d’une nouvelle guerre contre son voisin germanique. Les années 1930 vont donc être marquées par la mise en place de la défense passive. Le but affiché de celle-ci est la protection des populations en cas de conflits. Dans toutes les communes de plus de 2 000 habitants, une brigade doit être constituée afin d'assurer la protection des populations en temps de guerre et annoncer un certain nombre de mesures en cas de bombardements. Systèmes d'alerte (sirène), construction de réseaux souterrains (aménagement de caves, d'abris ou de tranchées) et l'information aux civils par différentes voies (affiches, radios...) doivent être mis en place.

Dans le n° 927 de la revue « La Petite Illustration » du 15 juillet 1939, vous découvrirez les mesures de sécurité en cas d’alerte, les préconisations en matière de protection individuelle et collective ainsi qu’une série de conseils à destination des services de secours.

 

Dans ce nouveau focus dédié aux fonds patrimoniaux, nous vous présentons cette fois-ci une lettre autographe envoyée le 12 vendémiaire An XIII (4 octobre 1804) par le conseiller de préfecture de l’Aisne Guillaume-Xavier Labbey de Pompières au président du canton de Soissons d’alors.


L’an XIII du calendrier révolutionnaire est une année marquée par l’intronisation et le couronnement de Napoléon. Depuis le 18 mai 1804 et la constitution de l’an XII, Napoléon Bonaparte n’est plus Premier Consul mais Empereur des Français. Un référendum a été organisé auprès de 3,5 millions de votants durant l’été sur les principes de succession propres à l’Empire. Bien avant la proclamation des résultats officiels, le résultat s‘annonce déjà comme un plébiscite.


C’est dans le cadre des préparatifs du sacre du nouvel empereur que s’inscrit ce document. Guillaume-Xavier Labbey de Pompières relaie les consignes du ministre de l’Intérieur concernant la tenue que devront porter « les présidents des collèges électoraux, de département, d’arrondissement et des assemblées de canton » lors de cet événement le 4 décembre 1804. Cheveux poudrés, chapeaux à plumets noirs, souliers à boucles et épées sont à prévoir afin d’assister au couronnement.


Ce document numérisé, issu des collections patrimoniales de la bibliothèque de Soissons, figure sur le portail numérique régional dédié au patrimoine écrit : L'Armarium

 

Dans ce nouveau focus dédié aux fonds patrimoniaux, nous vous présentons un incunable (imprimé de la seconde moitié du XVe siècle) : Stultifera Navis ou La Nef des Fous.

 

Son auteur Sebastian Brant, naquit en 1457 à Strasbourg. Ce poète d'expression latine et allemande publia en 1494 un poème en langue allemande : Das Narrenschiff. Devant le succès de la première édition, d'autres s'en suivirent notamment en langue latine ce qui favorisa sa diffusion partout en Europe. La bibliothèque de Soissons possède un exemplaire de la première édition en langue latine imprimée en 1497.

Chaque chapitre du livre (il en contient au total 112) dénonce un exemple de "folie humaine". Les "fous" ou pêcheurs voguent tous en direction de la Narragonie : l'île de la folie. Les personnages sont affublés de vices, souffrent d'addictions et sont voués à la perdition. Les nombreuses gravures qui illustrent l'ouvrage dépeignent ainsi la passion des jeux ou celle des livres, l'addiction à l'alcool ou aux médicaments mais aussi l'avarice, l'adultère ou encore l'orgueil. Il est à noter qu'Albrecht Dürer, célèbre graveur et peintre, a participé à la conception des gravures de l'édition originale.

Ce genre littéraire mélangeant satire et morale culminera quelques années plus tard dans l'ouvrage d'Erasme : L'Éloge de la Folie.

Jérôme Bosch reprendra également la thématique de la "nef des fous" dans son tableau du même nom.