Il y a 80 ans commençait la « Drôle de guerre ». En septembre 1939, la Seconde Guerre mondiale est déclarée mais l’offensive allemande n’a pas encore atteint les frontières françaises. Depuis l’avènement d’Hitler au poste de chancelier en mars 1933, la France est consciente de la potentialité d’une nouvelle guerre contre son voisin germanique. Les années 1930 vont donc être marquées par la mise en place de la défense passive. Le but affiché de celle-ci est la protection des populations en cas de conflits. Dans toutes les communes de plus de 2 000 habitants, une brigade doit être constituée afin d'assurer la protection des populations en temps de guerre et annoncer un certain nombre de mesures en cas de bombardements. Systèmes d'alerte (sirène), construction de réseaux souterrains (aménagement de caves, d'abris ou de tranchées) et l'information aux civils par différentes voies (affiches, radios...) doivent être mis en place.

Dans le n° 927 de la revue « La Petite Illustration » du 15 juillet 1939, vous découvrirez les mesures de sécurité en cas d’alerte, les préconisations en matière de protection individuelle et collective ainsi qu’une série de conseils à destination des services de secours.

 

Dans ce nouveau focus dédié aux fonds patrimoniaux, nous vous présentons cette fois-ci une lettre autographe envoyée le 12 vendémiaire An XIII (4 octobre 1804) par le conseiller de préfecture de l’Aisne Guillaume-Xavier Labbey de Pompières au président du canton de Soissons d’alors.


L’an XIII du calendrier révolutionnaire est une année marquée par l’intronisation et le couronnement de Napoléon. Depuis le 18 mai 1804 et la constitution de l’an XII, Napoléon Bonaparte n’est plus Premier Consul mais Empereur des Français. Un référendum a été organisé auprès de 3,5 millions de votants durant l’été sur les principes de succession propres à l’Empire. Bien avant la proclamation des résultats officiels, le résultat s‘annonce déjà comme un plébiscite.


C’est dans le cadre des préparatifs du sacre du nouvel empereur que s’inscrit ce document. Guillaume-Xavier Labbey de Pompières relaie les consignes du ministre de l’Intérieur concernant la tenue que devront porter « les présidents des collèges électoraux, de département, d’arrondissement et des assemblées de canton » lors de cet événement le 4 décembre 1804. Cheveux poudrés, chapeaux à plumets noirs, souliers à boucles et épées sont à prévoir afin d’assister au couronnement.


Ce document numérisé, issu des collections patrimoniales de la bibliothèque de Soissons, figure sur le portail numérique régional dédié au patrimoine écrit : L'Armarium

 

Dans ce nouveau focus dédié aux fonds patrimoniaux, nous vous présentons un incunable (imprimé de la seconde moitié du XVe siècle) : Stultifera Navis ou La Nef des Fous.

 

Son auteur Sebastian Brant, naquit en 1457 à Strasbourg. Ce poète d'expression latine et allemande publia en 1494 un poème en langue allemande : Das Narrenschiff. Devant le succès de la première édition, d'autres s'en suivirent notamment en langue latine ce qui favorisa sa diffusion partout en Europe. La bibliothèque de Soissons possède un exemplaire de la première édition en langue latine imprimée en 1497.

Chaque chapitre du livre (il en contient au total 112) dénonce un exemple de "folie humaine". Les "fous" ou pêcheurs voguent tous en direction de la Narragonie : l'île de la folie. Les personnages sont affublés de vices, souffrent d'addictions et sont voués à la perdition. Les nombreuses gravures qui illustrent l'ouvrage dépeignent ainsi la passion des jeux ou celle des livres, l'addiction à l'alcool ou aux médicaments mais aussi l'avarice, l'adultère ou encore l'orgueil. Il est à noter qu'Albrecht Dürer, célèbre graveur et peintre, a participé à la conception des gravures de l'édition originale.

Ce genre littéraire mélangeant satire et morale culminera quelques années plus tard dans l'ouvrage d'Erasme : L'Éloge de la Folie.

Jérôme Bosch reprendra également la thématique de la "nef des fous" dans son tableau du même nom.

 

 

 

Focus sur l'un des nombreux documents patrimoniaux conservés au sein de la bibliothèque.

   

BM SOISSONS MSS 208 f.139rLe Pèlerinage de la vie humaine, ...  XVe siècle.

L’exemplaire appartenant à la bibliothèque de Soissons est un manuscrit du XVe siècle, reprenant l'histoire écrite par le normand Guillaume de Digulleville au XIVe siècle après sa mise en prose par un clerc d'Angers en 1465-66. Rédigé sur parchemin, il porte l'estampille de l'abbaye de Prémontré.

Héritier du Roman de la Rose, dont il emprunte le cadre du songe, ce pèlerinage retrace sous une forme allégorique la quête du chrétien en recherche du salut de son âme et de la félicité céleste, représentée sous l’apparence de la cité de Jérusalem. Équipé de la panoplie indispensable à tout pèlerinage, le pèlerin réussit à atteindre la voie de salut grâce au soutien de Grâce Dieu, qui lui a permis d’échapper aux multiples embuscades tendues par les sept vieilles femmes monstrueuses qui représentent les péchés capitaux. Le poème s’achève alors que le songeur s’éveille.

Le récit, rédigé en français, s'adresse à un lectorat plus laïc qu'ecclésiastique. Ses riches enluminures permettent à elles seules la compréhension du texte et participent à la diffusion du contenu intellectuel auprès d'un public large, tout comme les nombreuses reproductions faites du manuscrit à l'échelle européenne. 

Le Pèlerinage de la vie humaine sera suivi plus tard par deux autres textes : Le Pèlerinage de l’Âme et Le Pèlerinage de Jésus-Christ. Cette trilogie figure au nombre des textes français les plus lus de la fin du Moyen Age avant de tomber en désuétude au cours du XVIe siècle.